Prochain Départ : Le Train du Capitalisme – Tout le monde à bord !

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Traditionnellement, quand on pense au capitalisme et au monde des finances, on pense à soif de profits, investissement, marché boursier et rendement à tout prix. À l’opposé de ce monde, on peut penser qu’il y a le développement durable, la protection de l’environnement, l’économie circulaire, la diminution des écarts de richesse, l’avancement des droits humains et l’élimination de la discrimination. Clairement, on ne peut pas s’enrichir et sauver le monde en même temps. Il faut choisir son camp. Et si je vous disais que c’était faux, me croiriez-vous ?

L’argent, soit on la donne, soit on la garde

Normalement, pour faire du bien avec notre argent, on en donne à la cause qui nous tient le plus à cœur. Ainsi, on apaise notre conscience et on se sent un peu mieux. En revanche, puisque nous avons besoin de notre argent pour subvenir à nos besoins, nous sommes prêts à consacrer qu’une faible part de celle-ci à la charité. C’est normal, à moins d’être un moine, tout le monde, incluant moi-même, préfère se payer en premier. Bref, notre volonté à donner dépend de notre générosité. Également, notre capacité à le faire est associée à notre niveau de richesse.

De plus, pour faire fructifier nos économies, on va à la banque. Une fois rendu, on choisit des placements gérés par des professionnels de la finance. Ces experts(es) ont pour seul objectif de faire de bons rendements. Leurs produits sont des bons coups assurés.

Également, toutes les entreprises désirent augmenter leurs ventes et diminuer leurs coûts de production en quête de profits. Pour y arriver, tous les moyens sont bons. De toute manière, tout ce que les actionnaires veulent, c’est que la valeur de la compagnie augmente.

S’enrichir en sauvant le monde, c’est possible ?

En résumé, on peut facilement penser que les bonnes causes et le capitalisme sont des opposés. Après tout, ces deux mondes n’ont rien en commun. Il n’est pas possible d’être un bon samaritain en finance. Soit on est un(e) homme/femme d’affaire, soit on est un(e) philanthrope. Il n’est pas possible de faire les deux en même temps. On peut seulement passer de l’un à l’autre. Le meilleur exemple est Bill Gates qui s’est retiré de son entreprise, Microsoft, pour fonder la Bill and Melinda Gates Fondation.

Or, dans la vie, rien n’est noir ou blanc. En finances, c’est pareil. Il existe plusieurs nuances. Certainement, on peut être un(e) capitaliste puriste ou plutôt, un(e) philanthrope à l’âme charitable. Cependant, il existe toute une gamme de profils en investissement et il est possible de se situer au centre de ces deux extrêmes. Alors, si je vous disais que c’était possible de s’enrichir en sauvant le monde, vous seriez intéressés ?

Le capitalisme est fait pour tout le monde

D’abord, petit cours d’histoire. Avant de juger quoi que ce soit, je crois qu’il est important de bien le comprendre. Pour commencer, le capitalisme existe depuis relativement peu de temps dans l’histoire. En effet, il est apparu durant la révolution industrielle des années 1800.

Son principe le plus important est celui du droit de propriété privée. Effectivement, dans un système capitaliste, chaque individu peut posséder des biens et les échanger à sa guise. Son plus grand allié est le libre marché. Celui-ci consiste tout simplement à permettre à toute personne de vendre et acheter n’importe quoi à n’importe qui. Grâce au libre marché, un système capitaliste permet à ceux et celles qui possède des biens de s’enrichir avec ceux-ci.[1]

Rapidement, le capitalisme a permis à plusieurs individus issus de classes sociales variées de s’enrichir. C’était une belle évolution comparativement au système aristocrate dans lequel très peu de gens avaient le contrôle sur la majorité des richesses. En effet, de plus en plus d’individus ont commencé à accumuler des biens et à s’enrichir grâce au système capitaliste.

Un système imparfait, mais efficace

Bien évidemment, à ses débuts, le capitalisme ne favorisait que quelques propriétaires d’industrie. Ces derniers s’enrichissaient sur le dos des travailleurs. Heureusement, les gouvernements devenus légitimes grâce à la monté des droits humains fondamentaux ont commencé à intervenir et à contrôler le système capitaliste. Par exemple, l’instauration des salaires minimums, de la protection de la santé des travailleurs et de la diminution du nombre d’heures de travail ont permis à tous d’obtenir leur juste part.

Ultimement, le système capitaliste permet à tous ses joueurs de profiter d’une certaine liberté. Tristement, il peut créer d’énormes inégalités. Par contre, au moins, tout le monde peut en tirer profit.

À titre de comparaison, à l’inverse du capitalisme, il y a le communisme. D’une part, dans ce deuxième modèle, tout le monde est sur le même pied d’égalité. En effet, chaque individu possède la même valeur puisque personne ne peut posséder et échanger des biens librement. Toutes les ressources appartiennent à l’État et il en est l’unique responsable de leur redistribution.

En conséquence, puisqu’il gère absolument tout, un gouvernement communiste possède un pouvoir surdimensionné sur sa population. On peut penser à la Corée du Nord, où les gens n’ont même pas le droit de quitter leur pays librement.

Je vous laisse juger lequel de ces deux modèles est le moins imparfait.

Le maudit capitalisme

Dans bien des discours, le capitalisme est pointé du doigt comme étant le responsable de nombreux problèmes. Par exemple, on le blâme pour la destruction de l’environnement, l’agrandissement des écarts de richesses, les inégalités du genre ou le racisme. Bref, le capitalisme a le dos large. Or, le problème, ce n’est pas le système, c’est les personnes qui le dirigent. Le capitalisme est assez simple, il accorde du pouvoir à ceux et celles qui possèdent le capital.

Pour la majorité des gens de « gauche », des activistes sociaux et des écologistes, la solution pour régler nos problèmes de société et sauver le monde ne viendra pas du système capitaliste que l’on connait aujourd’hui. Au contraire, c’est le « gros méchant », la cause de tous ces problèmes. Résultat, très souvent, ces personnes ne s’intéressent aucunement à la finance ou à l’économie. Pire encore, plusieurs diront que seul le gouvernement peut sauver les meubles en contrôlant le secteur privé et en injectant de l’argent dans les bonnes causes.

Prochain départ : Le train du capitalisme

Aujourd’hui encore, le monde financier a comme plus grand motif la quête de profit. C’est très compréhensible, le salaire des gens qui travaillent dans le secteur dépend de leur capacité à atteindre cet objectif. En effet, la majorité des clients qu’ils servent ne veulent qu’une chose, de bons rendements sur leurs investissements.

Pour imager le tout, faisons comme si le capitalisme était un train. Actuellement, ceux qui le prennent désirent tous aller à la même destination. Les chauffeurs empruntent donc le rail qui se dirige vers celle-ci : le profit à tout prix. C’est le « party » à bord.

Tristement, énormément de gens qui voudraient autre chose que simplement du profit n’embarquent pas dans le train. C’est simple, ils pensent que celui-ci ne se dirige pas vers la destination qui les rendra heureux. Donc, ils choisissent d’enfourcher leur vélo et d’aller tranquillement dans leur propre direction.

Tout le monde à bord !

Or, qu’arriverait-il si toutes ces personnes qui avancent tout doucement sur leurs vélos choisissaient plutôt de prendre le train qui va à toute allure ? Au départ, étant minoritaire, ils n’auraient pas le pouvoir d’influencer les chauffeurs(euses). Par contre, à mesure que leur nombre augmenterait, la balance s’inclinerait de plus en plus de leur côté. Un jour, les chauffeurs(euses) seraient obligé de les écouter. À ce moment, le train changerait de rail. Il irait vers une destination beaucoup plus prometteuse que celle du profit à tout prix.

J’ose espérer que dans ce monde, il y a plus de gens qui veulent voir les choses aller pour le meilleur que de gens qui préfèrent s’enrichir en détruisant notre environnement et en accentuant les inégalités. Assurément, nous sommes assez pour forcer le train à bifurquer.

Je suis convaincu qu’une trop faible proportion des gens qui croient en des idéaux et veulent voir des changements positifs dans nos sociétés embarquent dans le train. Résultat, ceux qui ne veulent que s’enrichir monopolisent les commandes. Pour que le progrès soit à son summum, il faut que toutes les idées se partagent et se confrontent. La diversité est gage de succès. Tout le monde doit être à bord.

La solution se trouve dans le problème

Dans un monde capitaliste, chaque individu a du pouvoir. Oui mais, le système est truqué, des milliardaires gagnent en une journée ce que bon nombre de personnes auront accumulé durant leur vie entière. Comment je peux avoir une influence réelle si je ne fais pas le poids devant les plus riches de ce monde ?

La réponse est très simple, c’est en se rassemblant que les individus peuvent avoir de l’influence. À titre d’exemple, en 2019, les fonds de pensions à travers le monde comptaient 32 mille milliards de dollars U.S. à leur actif[2]. Pour comparer, les marchés boursiers mondiaux avaient une valeur totalisant 78 mille milliards de dollars U.S. en 2018[3]. Donc, si les travailleurs du monde entier se révoltaient et prenaient contrôle de leurs fonds de pension, ils auraient la capacité d’acheter presque la moitié de toutes les compagnies cotées en bourse dans le monde.

En plus, je parle seulement des fonds de pensions ici. Si on ajoutait à cela tout l’argent détenu par les particuliers hors de ces régimes, on pourrait probablement acheter le monde ! J’exagère à peine…

Le point que j’essaie de soulever ici, c’est qu’en bout de ligne, tout l’argent disponible dans le monde n’est pas dans les poches d’une poignée de personnes qui décident tout. Nous avons tous un rôle à jouer et pouvons avoir une influence.

Du capitalisme à la philanthropie, en passant par l’investissement responsable

Pour ceux et celles qui voudraient monter à bord du train du capitalisme, voici les options qui se présentent à vous. En finance, il existe toute une gamme d’options d’investissements. Il y en a pour tous les profils, des boomers jusqu’aux milléniaux. Cette gamme est bien représentée dans le tableau ci-dessous inspiré du travail de l’organisation Pensions For Purpose.

Je tiens à attirer votre attention sur la case de l’objectif : Offrir un rendement financier compétitif. On peut voir que l’investissement traditionnel n’est qu’une des options possibles pour l’atteindre. Effectivement, l’investissement responsable, durable et d’impact offrent le même résultat potentiel.

Dépendamment de notre audace et de notre aversion au risque, nous pouvons tous trouver notre place dans le monde des finances. Je crois que le temps de l’investissement traditionnel est révolu. Sachant que les options plus soucieuses des facteurs ESG permettent d’obtenir des rendements similaires, il va de soi d’y aller au minimum, avec des investissements responsables.

Selon moi, chaque personne qui désir voir du changement dans la société doit aligner ses placements à ses convictions. Trop souvent, on croit que nos valeurs ne peuvent pas influencer nos finances. Or, c’est le cas. En effet, l’argent est un facteur immensément important quand à l’impact que nous avons sur notre monde.

Parlez-en à votre banquier(ère)

Pour commencer, lors de votre prochain rendez-vous, demandez à votre banquier(ère) de vous présenter ses produits d’investissement responsable. Puis, changez les portefeuilles traditionnels que vous détenez dans vos REER et CELI pour des options ESG. Le plus important, informez-vous sur la composition de ces portefeuilles afin de savoir dans quoi votre argent est investi. Personne ne veut gaspiller ses efforts de tous les jours pour diminuer son empreinte écologique en ayant une partie de ses REER investie dans les sables bitumineux.

Ce n’est pas très responsable (jeu de mot involontaire) de ne pas savoir dans quoi notre argent est investi. En plus, contrairement à ce qu’on peut penser, c’est nous qui avons le gros bout du bâton. La banque doit répondre à nos questions et nous offrir ce que nous désirons. Après tout, le client a toujours raison.

Également, si vous avez un fond de pension, vous pouvez écrire à leur service à la clientèle pour savoir ce qu’ils font en matière d’investissement responsable et dans quoi vos contributions sont investies. Pratiquement personne ne leur pose de questions. Seulement une dizaine de courriels de personnes différentes reçus en une journée suffiront pour les faire « capoter ». Vous pouvez exiger du changement, c’est votre argent.

Faites le vous-même

Encore mieux, si vous êtes à l’aise, vous pouvez gérer vous-même vos prochains investissements. Il suffit d’ouvrir un compte de courtage en ligne avec Wealthsimple. Ensuite, vous pourrez acheter des actions de bonnes compagnies ainsi que des FNB à caractère ESG ou du secteur de l’énergie renouvelable. Ainsi, vous aurez l’assurance que vos investissements sont alignés à vos valeurs.

En plus c’est prouvé, les rendements des investissements responsables sont équivalents sinon meilleur à ceux des choix traditionnels. Qu’est-ce que vous attendez pour embarquer dans le train?

[1]https://www.investopedia.com/terms/c/capitalism.asp
[2]https://www.oecd.org/pensions/Pension-Funds-in-Figures-2020.pdf
[3] https://www.nasdaq.com/articles/us-stock-market-biggest-most-expensive-wAorld-us-economy-not-most-productive-2018-04-02

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