Les 2 plus grands mensonges qui nous empêchent de vivre à temps plein

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Au Québec et à bien d’autres endroits, les gens sont très occupés.  Pour un adulte « normal », selon le modèle classique, les 7 jours de la semaine sont séparés en deux parties inégales. Il y a 5 jours de travail et 2 de congé. Durant les 5 premiers, c’est la course effrénée pour se préparer à aller au travail, s’y rendre, faire ses 8 heures, rentrer à la maison, souper, ramasser un peu la cuisine et finalement, passer les derniers instants devant la télé, épuisé. Pendant les 2 autres jours, ceux de congé, c’est le temps de maximiser ! Il faut « squeezer » chaque petite goutte du temps libre que l’on a pour réussir à s’amuser un peu. Par contre, il ne faut pas oublier qu’on doit réparer l’air climatisé, aller au centre d’achat pour acheter le cadeau du petit neveu, faire l’épicerie et passer la tondeuse.

Résultat, la vie passe extrêmement vite. En plus, s’y on ne s’y attarde pas trop, c’est très facile d’embarquer sur l’autoroute de la vie à toute allure sans même s’en rendre compte. Très souvent, on passe à côté d’un chemin beaucoup plus paisible et à notre image qui nous permettrait tout autant de nous rendre à destination, malgré le fait que sa limite de vitesse soit moins grande. Comme on dit, « life is (not) a highway… »

Les deux plus grands mensonges

Maintenant, qu’est-ce qui fait que nous sommes si nombreux à emprunter la voie rapide et avancer à 120 sur le « cruise » ? Bien souvent, on pense qu’on n’a pas le choix de faire autrement. Or, il suffit d’y réfléchir un peu et rapidement, on peut trouver 2 mensonges faciles à déconstruire et que l’on se dit régulièrement pour nous convaincre que c’est la seule option.

Mensonge #1 : Je n’ai pas le temps

Il faudrait vraiment que je me mette en forme, mais je n’ai pas le temps d’aller courir ou au gym 4 fois par semaine. Si je n’étais pas autant à la course, je pourrais prendre le temps de me cuisiner de bons repas tous les jours. Aucune chance que je puisse terminer ce livre en une semaine, c’est à peine si j’ai le temps de lire un chapitre.

Le temps, on ne le voit pas passer et on en manque toujours… Ça, c’est ce que l’on pense. En moyenne, chaque personne dort 8 heures par jour. Nous avons donc plus ou moins 16 heures d’éveil quotidiennement. Là-dessus, durant les jours de travail, on en passe 8 au bureau. Il en reste donc 8. Sur cette dernière partie, on pourrait croire qu’on en a seulement 2 ou 3 maximum qui sont vraiment libres. Certains diront même que c’est moins que ça.

Et si nous avions en fait 8 heures de temps libres tous les jours ? Bon d’accord, disons qu’on enlève 2 heures par jour pour manger, aller à la salle de bain et se laver, parce que ça, on n’a pas vraiment le choix (3e élément optionnel pour certain). Il en reste 6.

Je confirme que tout le monde a au moins 6 heures par jours de temps libre. J’ai envie de dire que ça pourrait être encore plus, mais je vais me garder une petite réserve.

La raison pourquoi j’affirme une telle chose est bien simple. Pour moi, du temps libre, ce n’est pas une heure passée à regarder les voitures passer assis sur ma galerie. Le temps libre, c’est un moment durant lequel je suis libre de choisir à quoi je consacre mon temps. Ça, tous les jours, nous en avons au moins 6 heures.

Si je passe 2 heures par jour assis dans ma voiture dans le trafic, que je regarde les réseaux sociaux pendant un autre 2 heures, que j’envoie un texto chaque 15 minutes et que je regarde ma série préféré tous les soirs avant de m’endormir, je n’ai pas le droit de dire que je n’ai pas le temps.

Quelques exemples typiques :

Mensonge : Je n’ai pas le temps de faire de l’exercice

Solution : Habiter à une distance de marche ou de vélo de son travail ou de tout autre lieu que je fréquente souvent.

Résultat : Au lieu d’être stressé en conduisant ma voiture, je me garde en forme simplement par la manière dont je me rends au travail ou à l’épicerie.

Mensonge : J’aimerais tellement ça avoir le temps de lire des livres

Solution : Mettre une minuterie qui calcul le temps passé sur certaines applications pour les verrouiller après un certain temps maximal prédéterminé.

Résultat : J’économise facilement une heure par jour que je peux enfin consacrer à lire.

Mensonge : Je ne pourrai pas venir avec vous ce soir, je dois rester au bureau plus tard pour terminer un dossier

Solution : Mettre son cellulaire sur veille pour arrêter d’être déconcentré toutes les 5 minutes.

Résultat : Je réussi enfin à être productif pendant plus que 30 minutes consécutives.

Oui, ces solutions demandent des changements et qui dit changement dit effort. Par contre, je n’ai besoins que d’un seul argument pour me motiver à instaurer ces nouvelles habitudes : m’imaginer au moment de mon dernier souffle dans ce monde. Qu’est-ce que je me dirais à ce moment ? Je doute fortement que ce qui traverse mon esprit soit : J’aurais dont voulu passer plus de temps sur mon cell, au travail, devant la télé…

Il faut arrêter de remettre le bonheur à plus tard et de se mentir à nous-même. Nous avons le temps. Il suffit de mieux l’utiliser.

Mensonge #2 : Il faut travailler beaucoup parce que la vie, ça coute cher

L’argent, on en a tous besoin, on en voudrait tous plus. Ceux qui disent le contraire sont soit moine bouddhiste ou hypocrite. Par contre, on surestime très souvent nos besoins. Pour bien des gens, il faut travailler encore et toujours plus longtemps parce que la vie, ça coute cher.

Oui, mais…

Exemples de catégories de dépenses mensuelles pour un ménage canadien moyen en 2019[1] :

Transport : 1100$

Logement : 1685$

Alimentation au restaurant : 230$

Véhicules récréatifs et dépenses connexes : 70$

Alcool et tabac : 150$

Avant de dire que la vie coute cher, il faut, au minimum, savoir combien elle coute. Il faut également savoir si on dépense le double de nos voisins et voisines. C’est important aussi de se poser des questions. Suivre son budget c’est une chose, comprendre de quoi il est composé en est une deuxième.

Le fait de dire qu’il faut toujours travailler parce que la vie coute cher, c’est un mensonge. On fait le choix d’avoir un budget gonflable et c’est pour cette raison qu’il faut travailler beaucoup.

À ce sujet, voici de beaux exemples de choix qui font que « la vie coute cher »

Avoir deux voitures (ou trois).

Les fameuses rues de banlieue où le nombre de voitures dans les stationnements est équivalents au nombre d’habitants m’impressionnent. Posséder une voiture par adulte en possession d’un permis de conduire n’est pas un besoin essentiel. C’est un luxe, voire du gaspillage.

« On doit avoir chacun notre voiture parce que nous travaillons tous à des endroits différents. » Pensez-y, quand on se convainc en disant cela, ça veut dire qu’on dépense plus de 12 000$ par année et ce, pour se rendre à l’endroit où on va gagner ces 12 000$.

Prenons un ménage qui a un revenu global de 100 000$ par année et dépense 12 000$ en transport. Pour ces personnes, à peu près la première heure de chaque jour de travail sert à payer pour la voiture qui les amène au bureau. Personnellement, cette idée à elle seule me motive à prendre l’autobus, marcher ou pédaler pour me rendre au travail.

Avoir une seule voiture pour notre famille ? Impossible voyons. Et oui, je parle par expérience, c’est possible. Comment ? Grâce au miracle de la collaboration et du partage ainsi qu’au moyen de transport le plus gratuit qui soit, nos jambes.

La fameuse partie de baseball le mardi à 18h comment on fait pour y aller quand la conjointe est encore au bureau avec l’auto ? On demande aux parents d’un des 12 autres enfants dans l’équipe qui se rendent tous au même endroit et habitent dans un rayon de 5 km de passer prendre Frédéric. Samedi prochain, ce sera à nous de passer prendre un des 12 futurs Vladimir Guerrero pour aller au terrain.

Parce que la solution, ce n’est pas d’avoir plus de voitures, c’est qu’il y en ait moins et qu’il y ait plus de personnes assises dedans quand elles circulent. Quand la distance à parcourir se fait à pied ou à vélo, qu’il fait beau dehors et qu’on n’a pas besoin de transporter rien de très lourd, pourquoi dépenser de l’argent en utilisant sa voiture ? Le parcours jusqu’à destination sera bien meilleur pour notre santé, notre portefeuille et notre environnement si on utilise nos jambes.

La maison/condo/appartement près du centre-ville

La dépenses la plus importante d’un budget est évidemment le logement. C’est donc celle-là qui a le plus grand impact sur nos finances. L’endroit où on vie a donc une influence très grande sur nos dépenses.

Logiquement, à Montréal, les logements sont plus dispendieux qu’à Saint-Pamphile. Les gens sont donc plus riches à Montréal ? Erreur monumentale. Être riche ce n’est pas dépenser plus que les autres. C’est avoir du temps. Si mon salaire annuel est deux fois plus grand à Montréal qu’ailleurs, je suis plus riche que si je travaillais ailleurs. Erreur monumentale numéro deux. Si mes dépenses de logement sont 5 fois plus grandes et que j’ai besoin de deux voitures parce que le métro, ça pue ou que je n’ai pas envie d’arriver au bureau à sentir le « swing » parce que j’ai pris mon vélo, mon gros salaire, il part en fumé en un rien de temps.

Dans la vie, trop souvent, notre travail détermine là où on habite. Si c’était l’inverse, pas certain que les logements hors de prix seraient si populaires. Il faut arrêter de choisir la où on vie en fonction d’un salaire annuel. La ressource la plus importantes dans la vie, c’est le temps. C’est possible de travailler moins si on a besoin de moins d’argent pour vivre. Habiter dans un lieu ou le cout de la vie est plus faible est une très belle façon d’y arriver.

En résumé, ce que j’essaie de dire, c’est que la vie, c’est une série de choix. Il faut arrêter de penser que la semaine de 35, 40 voire 50 heures de travail est un incontournable. Le travail sert à payer pour notre budget. La façon qu’on le gère, c’est un choix.

En terminant, voici un bel exercice de prise de conscience. Visitez la page du World Inequality Data Base [2]  afin de comparer votre revenu annuel avec celui du reste de la population mondiale. À titre d’exemple, une personne gagnant 50 000$ par année se trouve à être plus riche que 83% du reste du monde. Si on inscrit 100 000$, on arrive à 95%. Donc, avant de dire « j’ai pas le temps » ou « la vie coute cher » c’est pas mal de réaliser qu’à peu près 5 milliards de personnes arrivent à vivre avec moins que ce qu’on a.

Au lieu de toujours vouloir avancer plus vite pour pouvoir être heureux, pourquoi ne pas ralentir ? Le bonheur est peut-être juste là depuis longtemps, mais on le manque parce qu’on n’a pas le temps de le voir passer.

[1] https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1110022201
[2] https://wid.world/fr/simulateur-de-revenus/

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