Je m’appelle Frédéric Morneau-Vaillancourt, je viens de Québec, j’aime tout ce qui touche les finances personnelles, l’environnement, le sport, les voyages. J’aime par-dessus tout la vie, tout simplement. Je viens à peine de terminer mes études, une maitrise en gestion de l’environnement, la moitié d’une session à la maitrise en fiscalité et un baccalauréat en administration, concentration services financiers. 

Comme plusieurs, à l’âge de choisir le parcours scolaire qui allait me permettre de faire « carrière » dans un domaine, j’ai traversé une période de remise en question constante, de doute et d’anxiété. Je crois que ça peut être à la fois un privilège et un cadeau empoisonné cette liberté de pouvoir choisir. « Il y a tellement de sujets qui m’intéressent, d’endroits que j’ai envie de visiter, d’expériences que je voudrais vivre ». Malheureusement, ce n’est pas possible de faire en même temps un diplôme d’études professionnelles en cuisine et gastronomie, une technique en soins ambulanciers, un bac en administration et un certificat en journalisme. Malheureusement, il n’est pas non plus réaliste de rester à l’école jusqu’à ses 40 ans pour se donner le temps de terminer tous ces beaux programmes. Il faut choisir.

C’est ce que j’ai fait. Tristement, je n’ai pas suivi mon cœur. J’ai écouté la voix qui me disait : «tu dois choisir ce qui est le plus logique, ce qui va t’assurer une bonne job payante.» J’ai donc décidé de m’inscrire en sciences humaines (avec math) pour ensuite aller en administration des affaires. « Tu aimes ça gérer l’argent, quand tu étais petit (et encore aujourd’hui), tu trippais à jouer aux jeux dans lequel tu pouvais construire ton parc d’attraction ou ton zoo et gagner tout plein d’argent. » 

Avance rapide jusqu’à l’avant dernière année de mon bac. Oui, la vie est belle en ce moment, je travaille à temps partiel, je vais à mes cours (pas tout le temps), je vois mes amis très souvent, on sort, on joue au hockey et au baseball. Par contre, tout le monde commence à songer à qu’est-ce qu’il y aura ensuite. Dans quelle entreprise ils vont travailler, à quel endroit ils vont vouloir vivre. Et moi, je suis encore dans le brouillard, j’en ai absolument aucune idée.  

Je décide donc de me lancer, sors de ta zone de confort qu’ils disaient, « tu vas voir ça vas changer ta vie. » Je pars donc pour faire une session à l’étranger, à Dublin en Irlande. Et oui, ça changé ma vie. En fait, presque. Le fait de quitter le nid familial, m’a enfin exposé à autre chose, d’autres façons de penser, d’autres façons de vivre.

Pendant mes voyages, peu importe la capitale européenne dans laquelle je me trouvais, ce que je préférais faire c’était simplement m’asseoir et regarder devant moi, être dans le moment présent et nulle part ailleurs. Pendant un de ces moments, je me suis dit : « au fond, je n’aime pas vraiment ça mes études, et la job à temps partiel que j’ai à Québec en lien avec ce domaine, je ne l’aime pas vraiment non plus. Pourquoi je recommencerais à faire ça à mon retour? Ok, il te reste 6 cours pour finir ton diplôme, tu serais un peu “twit” de pas les faire, mais dès que c’est fait, tu réfléchis un peu et tu fais autre chose. »

Sans m’en rendre compte, j’avais un grand sourire sur les lèvres. J’avais enfin décidé de m’écouter pour une fois, de faire ce que JE voulais faire. Avance rapide encore une fois jusqu’à la fin de mon baccalauréat. Clairement, je n’ai toujours pas d’idée quoi faire, il y a tellement de possibilités, tellement de choses que j’aimerais faire. Je ne suis pas capable de choisir. Alors, malheureusement, je vais encore une fois vers le chemin logique, celui qui mènera à une bonne job payante. Quelques mois plus tard, je m’embarque dans une maitrise en fiscalité et je déménage à Sherbrooke, je vie sur le pilote automatique et je ne m’en rends même pas compte.

Ça m’a ensuite pris plus ou moins la moitié de la session avant de me réveiller. Voici la scène. Je suis assis dans un cours dans lequel on parle de l’histoire des impôts (passionnant n’est-ce pas?). Je me dis, mais qu’est-ce que je fais ici ?!? La pause arrive, je sors, et je marche en ligne droite jusqu’au pavillon dans lequel le service d’orientation de l’université se trouve. Je rencontre une conseillère. Elle me demande : « Pourquoi crois-tu vouloir changer de programme ? Tu me dis que tu es en fiscalité, mais que tu es quelqu’un de très empathique qui voudrait faire quelque chose qui aurait un impact direct sur les gens que tu aimes. Penses-tu que d’aller vers quelque chose de plus « humain » serait la solution ? » À ce moment, le déclic s’est fait. Je me suis souvenu du moment, au bord de la baie de Dublin, où je m’étais permis de m’écouter.

J’ai tout de suite abandonné la maitrise, je suis retourné à Québec. J’en ai profité pour passer du temps avec ma famille, mes amis et ma nouvelle amoureuse qui revenait d’ailleurs de 6 mois passés en Inde dont 4 à être infirmière volontaire dans une école. Et puis, par une belle journée de novembre 2018, assis dans l’auto ensemble elle et moi, on a décidé de partir en Islande, juste comme ça. Mon dieu que c’était excitant. Trois heures après avoir pris la décision, nos billets d’avion étaient achetés et notre « campervan » loué. Une semaine plus tard, on était rendus sur la terre de la glace et du feu. Enfin, je me sentais à nouveau libre. Enfin, je m’étais écouté. 

Je tiens à souligner le rôle qu’a joué mon amoureuse dans mon parcours. Avant de la rencontrer, oui j’avais commencé mon cheminement, mais c’est elle qui m’a permis d’ouvrir les yeux pour de vrai. C’est l’étincelle qui a ravivé la flamme qui avait peu à peu commencé à s’éteindre dans mon cœur.

À notre retour, je me suis inscrit à une maitrise en gestion de l’environnement. Pas parce que ça allait me garantir une bonne job payante, parce que mon cœur me disait de choisir cette route. Pour en arriver à ce choix, j’ai simplement pris le temps d’écrire ma liste de valeur les plus importantes. Sur cette liste, il y avait le mot « environnement ». J’ai fait une recherche sur internet : études en environnement. L’un des résultats : inscrivez-vous à notre maitrise en gestion de l’environnement à l’université de Sherbrooke. Tiens donc, j’ai justement encore un appartement là, je me lance. Depuis, je n’ai jamais arrêté d’écouter mon cœur.

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